Une réflexion pluridisciplinaire Toute réflexion sur la pédagogie repose sur une théorie, plus ou moins explicite, de la nature humaine. Historiquement, les sciences de l’éducation ont attendu de la psychologie scientifique qu’elle leur procure les éléments directement utiles d’une telle théorie. Aujourd’hui, elles se tournent tout naturellement vers les sciences cognitives, dont l’ordre du jour inclut et étend celui de la psychologie. On croit trop souvent que les sciences cognitives se limitent soit à l’étude du cerveau (en particulier à la localisation des pathologies), soit à l’intelligence artificielle et au développement de logiciels « experts » pour l’aide à la décision, à l’apprentissage, etc. Compas entend contribuer à dissiper ce malentendu, en montrant comment les sciences cognitives modifient dès aujourd’hui la compréhension des processus cognitifs mis en jeu dans l’apprentissage. Inversement, les bouleversements provoqués par les technologies de l’information et de la communication (TIC) ne sont que trop visibles, au point d’endormir notre vigilance théorique. Ce que nous vivons actuellement est déjà loin d’être bien compris, et discerner ce qui est possible ou désirable, comme ce qui est impossible ou indésirable, appelle un effort d’imagination appuyé sur une compréhension réelle des processus impliqués. S’il serait absurde d’ignorer ou de minimiser les dimensions politiques, économiques, sociologiques de ces changements actuels et futurs, il serait tout aussi regrettable de ne pas les étudier sous un angle conceptuel et empirique. Un objectif précis Les sciences cognitives interviennent précisément ici pour décrire et expliquer comment ces « prothèses » cognitives que constituent les TIC s’articulent à nos capacités naturelles, et comment cette articulation est un enjeu majeur pour l’école de demain.
| S’ouvrir à l’évidence des faits
Le groupe Compas n’entend cependant pas se limiter aux sciences cognitives, et veut créer des synergies avec des spécialistes d’autres disciplines, telles que la philosophie, les mathématiques, les sciences de la modélisation ou encore la biologie théorique, et avec des professionnels de l’éducation, de la culture, des jeux vidéo, de l’architecture, du design et des arts, tous passionnés par les problèmes de l’éducation à tous les niveaux dans la société, la plupart enseignants, presque tous parents. Compas n’entre pas en concurrence avec les approches reconnues dans les sciences de l’éducation, son projet est complémentaire. Les sciences de l’éducation partent de l’école d’aujourd’hui et vont chercher dans d’autres secteurs (la psychologie, la sociologie, la didactique des disciplines, etc.) des outils pour comprendre et améliorer les pratiques éducatives. Compas, au contraire, part de recherches et de pratiques indépendantes et parfois très éloignées de l’école, et veut les mettre au service d’une réflexion sur l’école de demain. Comme les sciences de l’éducation toutefois, Compas opte pour le professionnalisme. Chacun — et c’est heureux — a sa petite idée sur l’éducation, comme on en a sur les accidents de la route, sur la baisse de la natalité ou sur la politique. Mais ces idées sont généralement peu robustes, contradictoires, et vulnérables à la confrontation. Pour les dépasser, nous devons nous soumettre à la discipline de l’expérience : Compas veut mettre à l’honneur une réflexion pédagogique fondée sur l’évidence factuelle : sur les faits, et non sur les croyances — sans oublier, naturellement, que les faits ne sont jamais bruts, qu’ils sont imprégnés de théorie. Compas veut promouvoir dans la recherche éducative une démarche systématique appuyée sur des preuves.
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